Le Jardin « anglais »

S'assoir, respirer, écouter ...

À l'ombre des arbres

Le jardin est là, entre deux rues, juste au bord des escaliers du Guintzet. Pas de nom, pas de portail. Il fait partie du quartier.  On y entre porté par les pas plus que par un but. C’est un lieu de passage, mais aussi de pause.

Sous ses arbres anciens, le calme s’installe naturellement. Il y flotte comme un air de tranquillité joyeuse. Le grand cèdre immobile et silencieux regarde le monde passer. Il a vu défiler des générations de promeneurs, des voisins qui passent avec le café à l’emporté, des amoureux du quartier, des enfants en cavale.  Il a  entendu des rires étouffés, des secrets chuchotés, des silences partagés. Son ombre n’appartient à personne mais elle fait de la place à tout le monde.

Et puis il y a les élèves du collège. Les grands. Ils arrivent en bandes, s’installent sur les bancs ou dans l’herbe. Ils parlent fort, rient, fument, laissent parfois des papiers par terre. Ils sont là, en plein dans leur jeunesse. Parfois ils exagèrent, ça dérange. Parfois ça fait sourire.

Mais le jardin ne dit rien. Il les prend comme ils sont. Il sait qu’ils finiront par partir, comme les autres avant eux. Et que d’autres viendront.

C’est ça, ce petit coin de Gambach. Un endroit qui ne cherche pas à impressionner. Juste un bout de ville où le temps passe, tranquillement. Où le calme et le bruit cohabitent. Où chacun peut s’arrêter un moment.