Le terrain constituant le quartier de Gambach appartient, au 15e siècle, à un notable de Fribourg: on le désigne par le nom de son propriétaire, le « pré Jean Gambach ». C’est un vaste terrain en dehors des murs de Fribourg. Jean Gambach choisit de se consacrer à la politique et gravit rapidement les échelons : bourgmestre de la ville, il est anobli par l’empereur Frédéric III. Cependant, après avoir pris position contre l’Autriche, il est banni et emprisonné. En 1450, il revient sur le scène politique et prend la tête du gouvernement fribourgeois. À sa mort en 1474, il lègue son terrain, le pré Gambach, à l’Hôpital Notre-Dame, qui en restera propriétaire pendant plus de quatre siècles.
La simple mise en vente d’une parcelle sur le « pré de l’Hôpital » suscite au sein du Conseil général l’idée ambitieuse de créer un nouveau quartier sur le domaine Gambach. La Ville de Fribourg décide alors d’acquérir l’ensemble du terrain, avec l’objectif de développer ce quartier. Selon les prévisions, l’opération pourrait générer un bénéfice de près de 120 000 francs. Au-delà de l’aspect financier, ce projet représente aussi un atout pour le bien-être de la population, en particulier pour la classe ouvrière, à qui il offrira du travail pendant de nombreuses années.
Un concours est lancé pour aménager le terrain. L’ingénieur Rodolphe de Weck l’emporte avec un plan qui épouse le relief. Il est légèrement modifier dans le but d’améliorer la connexion au centre ville (qui est encore le Bourg). En 1898, la Ville achète les 33 hectares pour 250 000 francs. Un règlement pose les bases du quartier : priorité aux villas, hauteur réglementée, architecture convenable et élégante, construite en pierre, etc… La commune prend en charge voiries et réseaux, ouvrant la voie au développement.
Le quartier passe du statut de terrain agricole à celui de zone résidentielle en 1898. La ferme située à l’actuelle avenue du Moléson est démolie en 1927. Deux phases marquent le développement : 1898 et 1905.
Les premières parcelles sont vendues en 1898 : La Liberté du 25 septembre en donne le détail. Le prix du m² dépasse les attentes, atteignant plus de 6 francs. Les premières villas se construisent principalement dans le sud-ouest du quartier. L’architecte L. Hertling signe la majorité des constructions.
Après une pause autour de 1900, l’activité reprend en 1903 avec la villa Blancpain. En 1905, la dynamique s’intensifie autour de l’avenue de Gambach, où une dizaine de villas sont bâties, la plupart par Hertling, mais aussi par Weber, Broillet et Wulffleff. La même année, l’école des filles est édifiée à la rue des Écoles. Le quartier, bien que résidentiel, accueille dès le début des bâtiments publics.
En 1906, deux grands édifices s’ajoutent : la clinique ophtalmologique (Hertling) et le Convict Salésianum (Broillet et Wulffleff). Cette période constitue l’apogée du quartier. Après 1906, le rythme ralentit. Entre 1909 et 1928, les villas sont érigées de manière éparse, marquant l’achèvement progressif du quartier Gambach.
Ces informations sont extraites de Pro Fribourg, cahier n° 54, septembre 1982.
Les bâtiments et rues du quartier ont traversé le XXᵉ siècle sans transformations architecturales majeures. Aujourd’hui, ces habitations d’époque bénéficient de mesures de conservation et d’une attention particulière en tant que patrimoine urbain de la Ville de Fribourg.
Le quartier accueille une population diverse et intergénérationnelle, où cohabitent au quotidien enfants, écoliers, collégiens, personnes actives, aînés et personnes en situation de handicap.
Dans un contexte marqué par les enjeux internationaux, Fribourg héberge également des requérants d’asile, dont certains sont accueillis au sein même du quartier.